Archive pour juin 2007
Devinette…

Qui est ce chef qui a déclaré à la revue Trois Etoiles :
« Le travail du cuisinier doit donner aux produits un supplément d’âme et de sensibilité ; les mets n’ont pas à avoir le goût de ce qu’ils sont. Il ne suffit pas de poser les doigts sur le piano ; il faut une chanson. »
« Le bon goût d’un plat, c’est ce qui vous charme, vous émeut, vous intrigue et vous amuse ; il faut l’intégrer dans une histoire, dans un poème gourmand à la japonaise. Le goût peut être fade, gluant, pas obligatoirement violent. Et le mien n’est pas forcément le vôtre. »
Dans la revue Trois Etoiles, on dit même de ce « sculpteur de formes et de goûts » que « son art de cuisiner est plus proche de Picasso et de Matisse que de Rembrandt et d’Ingres. »
Pour vous mettre sur la voie, sachez qu’il a été classé par la revue britannique « Restaurants » en tête de peloton des cinquante meilleurs cuisiniers du monde, occupant la troisième marche du podium et que les parisiens se félicitent d’avoir récupéré celui qui avait donné à Saint-Etienne, en termes culinaires, ses lettres de noblesse.
Déstructurer pour restructurer…

Tels sont les propos de Thierry Marx rapportés récemment par le revue Le Chef.
En réalité tout est une question de sémantique ; à chacun d’exprimer son point de vue comme il le souhaite. Tout dépend peut-être de son auditoire ; j’ignorais celui auquel s’adressait Pascal Barbot, le chef de l’Astrance, quand il déclara dans la revue CHR :
« Je veux une cuisine lisible où l’on reconnaît les ingrédients. Si je propose une tarte à la fraise, je veux que le sablé et la fraise soient visibles. »
Dans ce cas pas besoin de déstructurer pour restructurer.
31 Décembre 2007…

Ayant fêté son centenaire en 2004, Léon de Lyon fermera ses portes le 31 décembre prochain ; Jean-Paul Lacombe a pris cette décision après avoir longuement réfléchi.
Le chef lyonnais a-t-il été influencé par le colloque qui s’est récemment tenu dans la Capitale des Gaules et dont la revue Le Chef s’est fait l’écho en ces termes :
« Lorsque l’on est attaché à la gastronomie, la première question que l’on se pose est de savoir si cette activité a un avenir, sachant qu’elle nécessite de tels coûts de fabrication avec une main-d’œuvre de plus en plus rare et chère en charges. De nombreux jeunes chefs passionnés de leur métier réalisé dans la quasi-perfection, constatent que leur travail n’est que fort peu rentable et se demandent s’ils ont fait le bon choix. Des chefs reconnus se demandent si leurs lourds investissements vont pouvoir être revendus à l’âge de la cessation de leur activité. S’il est évident que la gastronomie continuera à être très vivante et recherchée par les consommateurs, elle aura du mal à se rentabiliser car ses coûts, y compris les denrées, ne feront que se renchérir. »
Jean-Paul Lacombe préfère quitter la scène de la haute gastronomie en pleine gloire, désirant se consacrer à ses nombreux bistrots et mettre fin à la belle aventure de Léon de Lyon, véritable institution lyonnaise.
Les copeaux de bois… (suite)

Telle est la conclusion d’une étude qui avait pour but de trouver des solutions à la crise qui affecte une certaine viticulture.
Cette conclusion avait incité le ministère de l’agriculture à autoriser il y a quelques mois l’utilisation des copeaux pour l’élevage des vins de table et des vins de pays, ce que beaucoup considèrent comme une erreur de stratégie.
De nombreux professionnels ont exprimé à Vinexpo leur crainte de voir les vins français perdre leur identité et ressembler à leurs homologues étrangers comme le souligne la Revue Culinaire.
Patrick Dussert-Gerbert n’a-t-il pas raison d’écrire dans son blog :
« Qui va oser dire qu’un vin est typé par des copeaux de bois ? On pourra vraiment parler de « jus de bois » ? On « lisse » de plus en plus, on masque les caractères, les différences. Deux mille ans d’histoire, de cultures, des millénaires pour former des sols de silex à Sancerre, des galets roulés à Châteauneuf, d’alios ici, de marnes bleus là… bref, tout ce qui fait notre force et la race de nos vins, du plus modeste au plus grand, risque d’être gommé… Un boulevard pour la concurrence étrangère, qui n’en demandait pas autant. Un vrai nivellement par le bas. »
Nivellement par le bas ou par le bois ?
Suivant les recommandations de cet internaute, les viticulteurs pourraient faire « une demande spéciale auprès de nos instances pour avoir l’autorisation d’ajouter (en plus de copeaux de bois) dans le fond des cuves, quelques pelles de terre et quelques kilos de cailloux prélevés dans leurs parcelles (ou, pourquoi pas, ailleurs), afin de etrouver une certaine notion de terroir ! »
Vous voyez bien que rien n’est perdu.
Le Chef le plus connu des français…

D’après un sondage réalisé par IPSOS à l’occasion du soixantième anniversaire de la revue « Cuisine et Vins de France », le Chef le plus connu des français n’est pas Paul Bocuse mais Joël Robuchon. Alain Ducasse vient en troisième position, précédant Marc Veyrat, Pierre et Michel Troisgros.
Ferran Adria, classé depuis quelques années par la revue britannique « Restaurants » comme le meilleur cuisinier du monde, ne vient qu’en neuvième position, 4 % de nos compatriotes ayant cité son nom.
Toujours d’après ce même sondage, la cuisine italienne arrive en tête des cuisines étrangères devant la cuisine chinoise classée en deuxième position et la cuisine espagnole qui occupe la troisième marche du podium.
La cuisine française est-elle menacée par la mondialisation ? Nos compatriotes n’expriment aucune crainte à ce sujet puisque 49 % d’entre eux estiment que les cuisines étrangères n’ont eu aucune influence sur notre cuisine tandis que 39 % sont convaincus du contraire.
Pour ceux qui penseraient que notre cuisine est mise en danger par cette fameuse mondialisation, voici des propos qui les rassureront, ceux de Joël Robuchon rapportés pas « Cuisine et Vins de France ».
« Les cuisines étrangères ont un effet bénéfique sur notre cuisine. En Chine, j’ai découvert l’importance des textures alors que la cuisine occidentale s’attache surtout aux saveurs et aux parfums. La cuisine marocaine nous enseigne la maîtrise du mariage des épices. La cuisine progresse grâce aux produits, aux matériels et aux échanges culturels entre les pays. »
N’oublions pas que Joël Robuchon avait été élu il y a quelques années « cuisinier du siècle ».
La Campagne 2006…

Tel était le message lancé par François Mauss il y a quelques semaines ; ce message dont vous avez peut-être pris connaissance dans cette rubrique a-t-il été entendu ?
La « sortie » des primeurs étant sur le point de se terminer, il semble que nos amis bordelais n’ont pas, à quelques exceptions près, fait la sourde oreille.
Il y a certes quelques irréductibles qui, profitant de l’arrivée des acheteurs chinois ou russes, ont continué à camper sur leur position (je serais tenté d’écrire qu’on les compterait sur les doigts d’une main) ; malgré ces « traditionalistes », il faut reconnaître que nos amis bordelais ont fait un effort que certains d’entre nous espéraient plus significatif mais qui mérite d’être signalé.
Parmi ceux qui ont pensé « clients » avant de penser « super-profits », signalons Montrose, Haut Bailly, Cos d’Estournel, Calon Ségur et Pichon Longueville avec une mention particulière pour Haut Marbuzet.
Attendons le prix de sortie des « premiers » et des « super-seconds » qui ne se sont pas encore manifestés pour savoir si l’appel de François Mauss leur est bien parvenu.
Les Tyrosémiophiles…

Ce camembert dont on ne sait si la naissance remonte à 1680 ou à la Révolution, un prêtre réfractaire originaire de Coulommiers ayant donné à Marie Harel la recette du fameux fromage briard.
Ce camembert qui fait l’objet d’une guerre entre les neuf fabricants artisanaux qui veulent continuer à n’utiliser que du lait cru pour l’élaboration de leurs fromages et les fabricants industriels qui souhaitent avoir une dérogation, à savoir pouvoir utiliser un lait chauffé à plus de 37°C et ce, tout en gardant l’appellation AOC « Cambembert de Normandie ».
Seul l’INAO est maître en la matière à moins que les Autorités de la Communauté Européenne prennent les choses en main et imposent un point de vue qui risquerait de ne pas être celui des neuf réfractaires qui essaient de perpétuer la tradition du camembert fabriqué avec du lait cru.
Devinette…
Ma date de naissance est pour le moins contestée ! Est-ce vers 1680 comme l’attestent les archives du petit village dont je porte le nom ? Est-ce vers la fin du XVIIIème siècle comme la légende le veut et comme en fait foi la statue érigée en l’honneur de cette fermière dont le nom est grave dans la mémoire de tous les tyrosémiophiles.
Quoi qu’il en soit, normand je suis, fier d’appartenir à cette famille de produits nobles au même titre que les olives de Nyons ou que le foin de Crau.
Vous n’avez pas encore trouvé ? Pour vous mettre sur la voie, sachez que Napoléon III m’appréciait particulièrement , que sans un certain Ridel je n’aurais jamais pu sortir de mon pays et que sans la découverte du penicillium candidum j’aurais gardé ce ton bleu-gris qui ne me rendait pas particulièrement attrayant.
Pendant longtemps, comme le béret et la baguette de pain, je fus un des symboles de la France, raison pour laquelle Doisneau m’immortalisa.
Pour terminer, sachez que je suis à l’origine d’une querelle, mon pedigree exigeant que je ne dépasse à aucun moment, lors de mon élaboration, la température de 37°C.
Quand les rêves deviennent réalité…

Quel amateur de vin n’a jamais songé à se retirer un jour, dans un havre de paix, entouré de vigne et de produire son propre vin ?
Beaucoup ont déjà franchi le pas comme des dentistes, des chirurgiens et même de manière plus logique quelques sommeliers.
Si l’on connaît de réputation des ex-sommeliers comme François Villard, Eric Bordelet et Hervé Bizeul pour leur dynamisme et leur implication dans un vignoble, un autre sommelier dont la réputation a déjà fait le tour de la planète vient de faire irruption dans le Gard ? Il s’agit du célèbre Philippe Faure Brac, meilleur sommelier du monde 1992, propriétaire du Bistrot du Sommelier.
Malgré un palmarès exceptionnel, des contrats avec de grandes maisons d’édition et des animations à la radio, il ne manquait à Philippe Faure Brac qu’un seul rêve à réaliser : participer à l’élaboration d’un vin et le signer.
Après avoir visité et revisité les différents vignobles de France, c’est en vallée du Rhône gardoise que s’est arrêté Philippe Faure Brac, en rencontrant la famille Duseigneur.
Rien de bien étonnant, dirons-nous, lorsque l’on connaît l’attachement de ce sommelier au cépage syrah et à son impressionnante carte de Côtes Roties.
Le domaine Duseigneur est situé sur la rive droite du Rhône, près du village de Saint-Laurent-des-Arbres, en face de Châteauneuf-du-Pape ; le domaine s’étend sur 30 hectares répartis en deux parcelles, l’une sur l’AOC Lirac et la seconde sur celle de Côtes-du-Rhône Villages Laudun.
Le domaine a été créé en 1967 par Jean Duseigneur héritier de quatre générations de vignerons.
Aujourd’hui, ce sont ses fils Bernard et Frédéric qui ont la charge de ce précieux héritage qu’ils s’attachent à perpétuer, depuis 1992, avec la même passion que leur père. C’est en 1997 que Bernard et Frédéric engagent le vignoble dans une conduite biologique pour le convertir totalement à la Bio-Dynamie en 2004.
Philippe Faure Brac intervient depuis 2005 dans le choix de culture, de vinification, de commercialisation et bien sûr de gestion. « Je sais maintenant ce que ça coûte de produire du vin, chaque choix doit être pensé et repensé, depuis le raisin jusqu’au design de l’étiquette. » nous confie Philippe Faure Brac.
Prometteurs, les vins se distinguent par la pureté du fruit, frais et élégant, chose rare dans une région aussi ensoleillée.
Si vous cherchez un rosé pour l’été, vous ne serez pas déçu par le rosé vendu en AOC Lirac, un vrai rosé de table, gastronomique même. Le millésime 2006 est très réussi alliant panache fruité et fraîcheur. Pour les rouges, mon cœur balance pour le Côtes-du-Rhône Village Laudun, dont le millésime 2005 annonce le style recherché : robe pourpre, profonde et rassurante, nez subtil, ensoleillé sans être confit, empreint d’olive noire, d’épices et quetsches, bouche velouté aux tanins suaves et remarquable persistance. A attendre 3 ans et lui offrir un allié de choix comme un pastilla de pigeon à la tapenade et aux pignons de pin. Les vins offrent un excellent rapport qualité/prix.
Découvrez le domaine sur www.domaineduseigneur.com, et venez les goûter au Bistrot du Sommelier.



